
” L’homme est un apprenti, la douleur est son maître “
Alfred de Musset
Ce fragment du poème d’Alfred de Musset était la file d’Ariane de l’existence d’Augustin Akoli FOADEY. Sublimer l’effort et la persévérance dans le travail, ne fut pas seulement le mantra de la réussite chez cet homme dont le charisme irradiait ses interlocuteurs, il en fit une philosophie, mieux une hygiène de vie.
Né au cœur de Ouidah, d’une famille catholique conservatrice le 14 novembre 1939, aux premières heures de la Deuxième Guerre mondiale, le jeune Augustin Akoli fit ses études primaires dans la cité qui abrite l’ancien fort négrier portugais de sinistre mémoire. Nourri du souvenir tragique de la traite, il eut à cœur d’offrir à ses semblables les moyens de s’émanciper. Lui, contraint par les contingences de la vie, se découvrit autodidacte. Ainsi très tôt, il migra au Togo voisin où dans ses contrées nord, il débuta comme moniteur dans l’enseignement primaire. Ce fut d’ailleurs à l’issue d’une de ses vacations qu’il reçut de la part de l’inspecteur régional le satisfecit qui le marquera à vie : « Monsieur Foadey, vous avez l’étoffe d’un instituteur ! » Sa religion est faite : l’enseignement sera sa vocation et l’école son verger.
Le Sénégal, pays phare de l’intelligentsia africaine d’alors eut ses faveurs. Il embarqua donc pour le Pays de La Teranga qu’il écuma de Ziguinchor à Dakar. 17 ans durant, il y affuta ses armes et s’imprégna de l’art de transmettre et construire le savoir. De retour au bercail, il consentit à intégrer le cursus institutionnel et obtint avec brio sa Licence en Histoire et Géographie au département des Lettres de l’actuelle Université de Lomé (auparavant Université du Bénin).
Quelques années plus tard, il se hissa au sommet de la fabrique des futurs bacheliers : Proviseur du mythique Lycée de Gbényédzi-Kopé à Lomé. Cette odyssée académique dura jusqu’à la fin des années ’80 où l’Etat togolais lourdement endetté et en coupe réglée du Fonds Monétaire International, le mit d’office à la retraite anticipée.
Augustin Akoli Foadey n’était pas homme à courber l’échine face aux vents contraires et encore moins, à tourner le dos à une vocation existentielle.
Il implanta à Hédzranawoé, dans les quartiers nord de Lomé, sans trace d’urbanisation à l’époque, une des premières écoles privées et laïques du Togo. Il la nomma sobrement : INSTITUT SCOLAIRE AKOLI FOADEY (ISAF). En Septembre 1989, l’école ouvrit ses portes à ses premiers élèves…
Depuis plus de 30 ans, le nom Foadey a fait corps avec l’enseignement laïque au Togo.
Le fondateur Augustin Akoli Foadey s’en est allé un matin de mars 2009.
SOUVENIRS

”GAZAPAAA ! HOPLAAAA… !” Les initiés savent à quoi correspond ce cri de ralliement.
Mon passage au secondaire a été une étape significative dans ma vie.
Henriette AMEGBO SOMABEY

Je n’avais droit à aucun traitement de faveur.
Le fondateur n’avait de cesse de dire : “elle n’est pas bête Sandrine… Je veux qu’elle soit une étoile
Sandrine Mawubedjro ROWLAND

Et pour ma mère surtout, la solution était toute trouvée : Foadey !
Sonia doit aller « chez Foadey », là-bas, on va lui inculquer le goût de l’effort et du travail bien fait!

